Le blog de nanouk

Auprès de mon arbre

Quand j'étais petite (non pas que je sois grande, mais les années ont passé depuis, et c'est peu de le dire), mes grands-parents avaient eu la bonne idée de planter l'arbre de notre premier Noël dans leur jardin.

Ma grande soeur avait donc une gracieuse épinette bleue, malheureusement un peu malade ou mal exposée (ou sur un terrain qui ne lui convenait pas), et ma petite soeur une épinette qui visait les nuages et a eu tôt fait de dépasser la maison. Pour ma part, j'avais un pin, que j'aimais parce que c'était mon arbre, mais que je trouvais relativement disgracieux. Il faut dire qu'il avait une certaine tendance à se développer sur le plan horizontal plutôt que sur le plan vertical (un peu comme moi, quoi).
Mais aujourd'hui que la maison est vendue, qu'il a probablement été coupé par les nouveaux propriétaires et que je vis à 5 000 km de là, il me manque un peu. Il faut dire que c'est une idée formidable d'avoir un arbre à soi.

Lorsque j'ai appris que le gouvernement du Québec donnait gratuitement une jeune pousse à chaque enfant sur simple demande, je n'ai donc pas hésité. Nous sommes allés hier chercher le double du rêveur, et nous avons opté pour un érable rouge (nous avions le choix entre un noyer, une épinette, un érable rouge et un cerisier noir). Sitôt rentrés, nous l'avons donc planté en bonne et due forme, parallèlement à l'autre érable qui orne le fond de notre cour. Lorsque l'érable rouge aura grandit, cela devrait faire un magnifique ensemble, qui gardera le jardin au frais l'été, sans en diminuer l'ensoleillement l'hiver.

Demain, nous couperons d'autres arbres. Les deux pommiers (l'un pousse dans les fils électriques, l'autre en plein milieu du chemin, nous avons joué à Newton tout l'automne...) et les hêtres malades. Nous avons encore prévu de couper les deux épinettes qui se meurent faute de lumière entre notre maison et celle du voisin. J'ai peine à couper un arbre, et je maudis les anciens propriétaires d'avoir si peu réfléchi à l'avenir de leurs arbres quand ils les ont plantés - et ce, même si je sais que nous les remplacerons probablement par des arbres plus adaptés.

Mais j'espère qu'avec son ami l'érable, le rêveur apprendra à aimer les arbres et leur accordera l'attention qu'ils méritent...

Je suis grand moi!

Le rêveur ne parle pas encore. Enfin, il dit ta (tiens), da (donne), Maman (maman, papa, la nounou, y a quelque chose qui va pas), ligou-ligou-ligou (je veux ça là-bas! mais non maman, pas ça, ça, t'es bête ou quoi! pfff, tu comprends rien!) et il hurle façon geai bleu dès que quelque chose le contrarie (autant dire, souvent).
Bref, les moyens d'expression verbale du rêveur sont plutôt limités.

En revanche, pour ce qui est des gestes, monsieur maîtrise - et nous le fait savoir.
Non seulement, il supplée fort habillement son absence de parole au moyen de toute une batterie d'expressions mimo-gestuelles, mais il est également avide de tout faire seul.
Voilà déjà quelques semaines qu'il manie la cuillère sans aucune aide - et avec bon appétit. L'apprentissage de la fourchette est en cours. Le verre n'est plus un problème.
Depuis une couple de semaines, les vêtements ont fait leur apparition dans le décor : il essaye régulièrement de passer tout morceau de tissu à portée de main par dessus sa tête - toute notre garde-robe s'est ainsi retrouvée convertie en boas du plus bel effet (le slip passé autour du cou, c'est classieux!). Les souliers ne sont pas en reste. Monsieur se met debout et tente de glisser seul son pied dans la (mauvaise) chaussure (de préférence).
Il veut aussi cuisiner : il prend les spatules dans le tiroir, va chercher une casserole, mets la spatule dans la casserole et touille. Quand je cuisine, il réclame mes bras pour m'assister... Il se brosse les dents tant bien que mal et accepte difficilement qu'on l'aide pour le brossage final.
Ce soir, nous sommes allés glisser au parc (pour les français qui me lisent : faire du toboggan). Voilà plus d'une semaine qu'il maîtrise la bête, il a donc décidé que c'était bon, il pouvait en faire seul. Chaque fois que son père se mettait en bas de la glissoire pour l'attraper, il se mettait à hurler. Chaque fois que son père s'éloignait, le sourire revenait.

À peine 15 mois, et ça se croit déjà indépendant. Je me demande ce que ça va donner dans 10 ou 12 ans.

Got Milk?

Je ne suis pas mourrute, je suis très occupée à regarder grandir un petit bonhomme...

Meilleurs amis

Quand le rêveur est arrivé, j'appréhendais un peu la réaction du gros poilu. On a tellement entendu parler d'accidents avec les bébés et les chiens...
Nous avions donc soigneusement préparé la première rencontre, en laissant le chien renifler les vêtements du petit avant même que nous revenions de la maternité. Le chien était interdit de séjour dans plusieurs pièces clés, notamment la salle à manger, notre chambre et la future chambre du bébé. Je prenais bien soin de ne jamais les laisser seuls ensemble.
Le chien, sans doute un peu jaloux, s'amusait à accumuler les bêtises, et notamment voler les affaires du bébé, pour se rappeler à notre bon souvenir, et j'appréhendais parfois un peu sa réaction.
Lorsque le rêveur avait à peine quelques jours/semaines, prise d'une envie subite, j'avais posé le petit bien au milieu du lit, là où j'étais sûre qu'il ne pouvait pas tomber. À mon retour, j'ai trouvé le chien, qui avait bravé l'interdiction pourtant toujours respectée de ne pas mettre la patte dans certaines pièces (même quand ma belle-mère l'avait tenté en l'appelant!), couché au pied du lit, veillant sur l'enfant. Ce jour là, j'ai compris que c'est le rôle de protecteur que le gros poilu avait choisi, non celui d'adversaire.
Combien d'heures a-t-il passé étendu de tout son long, devant la porte de la chambre de son jeune protégé? Combien de fois lui a-t-il apporté en vain ses jouets?
Mais, les mois passant, la patience du chien finit par être récompensée. Depuis quelques semaines, le rêveur a compris qu'il avait là un ami en or, et c'est souvent que je les vois jouer ensemble, l'un faisant preuve d'une patience angélique quand l'autre lui tire les poils et lui rampe dessus. Peut-être est-ce pour cela qu'il est récompensé de tant de câlins...

L’ombre d’un vieux poète erre dans la gouttière...

Elle tire son nom de son chant doux et mélancolique. C'est un oiseau que je trouve particulièrement élégant et délicat.

J'aime la tourterelle triste, dont le chant si évocateur pénètre au plus profond de mon coeur.

Lancé libre

Il y a plein d'avantages à travailler à son compte.
Le premier est sans doute la liberté. J'arrange mes horaires comme je veux, je travaille en pyjama si je veux, je me paye le luxe de refuser les tâches qui m'ennuient trop, et je peux alterner dur labeur et changements de couches jouer avec mon fiston. Ce dernier commençant à grandir et à dormir de moins en moins, je vais probablement le faire garder à temps partiel bientôt, mais ceci est une autre histoire.
Le deuxième est sans doute financier. Non seulement je gagne plus du mot que lorsque j'étais en agence, mais en plus, j'ai le droit à tes tas de déductions d'impôts liées au fait que mon bureau se trouve à la maison.

Bien sûr, il y a aussi des inconvénients.
Je ne parlerai pas de ma vie sociale qui avoisine le zéro en ce moment. J'ai bien des amis que je vois de temps, mais entre le petit à garder et les soirées/fins de semaine parfois bien occupées, il me reste peu de temps pour sortir. Pas que je sois un animal particulièrement festif, loin de là . La vie d'ermite me convient assez bien en général, mais, depuis 6 mois que je suis enfermée chez moi, je ne cracherais pas sur un poil plus de vie sociale. J'envisage donc sérieusement de m’inscrire ce printemps à un cours de cuisine, de photo ou de yoga - l'espagnol n'ayant l'air de ne se donner qu'à un niveau à la fois, il aurait fallu que je commence en septembre...
Mais le principal inconvénient, et non des moindres, ça reste l'administration. J'ai toujours haï les tâches administratives, et me voilà avec une entreprise où je ne peux les déléguer à personne. Dieu merci, je vis dans un pays où les bureaucrates ont su rester raisonnables, et je n'ai pas 56 formulaires à remplir par an. Juste mes impôts en fait - et gérer les factures.
Et c'est là que le bât blesse. J'ai régulièrement plusieurs semaines de retard dans ma facturation. À vrai dire, j'avais même 2 mois de retard avant que je ne décide de prendre le taureau par les cornes ce matin.
Bref, j'ai donc rattrapé aujourd'hui tout mon retard - histoire de boucler l'année fiscale et de clore ma facturation avant la reprise de mes activités en février. Mais le résultat me console largement: je viens d'apprendre qu'en quatre mois d'exercice, j'ai gagné environ la moitié de mon ancien salaire - et je ne suis pas encore optimale.

A fait du bien.

Roselins

Pas facile de prendre des photos en zoom sans pied, avec un bébé qui vous tire le pantalon, parce qu'il voudrait bien jouer lui aussi avec l'appareil et des oiseaux qui bougent dans tous les sens. Mais ce matin, les roselins ont bien voulu prendre la pose.

Bonne année 2012

Je vous souhaite qu'elle vous apporte ce dont vous rêvez, et surtout, surtout, la santé. Le reste dépend de vous.

Jour de fête...

Il parait que c'est jour de fête aujourd'hui... Même si je ne m'en rends pas trop compte. Mon chéri ne souhaitant de fêter Noël, n'étant pas moi-même une fan de Noël (j'aime bien ça, mais à petite dose), je me voyais mal me charger de faire le sapin, acheter des cadeaux, les emballer, etc. juste pour nous trois quatre cinq six.
Nous nous sommes donc contentés de homard et de saumon fumé pour le réveillon, et c'est pas plus mal.
De toute façon, le père Nouwel a déjà déposé un joli vélo d'exercice dans mon salon depuis environ 2 semaines, et nous irons faire la récolte des cadeaux familiaux dans un mois environ.

Brefle, un joyeux Noël à tous.

La mangeoire

Au début, ça avait l'air de ne pas trop fonctionner. Il a bien fallu une semaine avant que je vois les premiers visiteurs. Et puis, le froid est arrivé et la gent ailée s'est passée le mot.

Tous les matins, je les vois arriver de l'Est. Ils se posent sur le bord du toit de la voisine, puis dans l'arbre et dans le pommier, où il grignotent ce qu'il peut rester à grignoter. Il y en d'abord un, puis deux, puis trois, et bientôt les arbres se remplissent de leurs petites silhouettes graciles. Et ils se jettent, par groupe de 4 ou 5 sur les rambardes de la terrasse, puis sur la mangeoire. Il y a là des parulines, des roselins, des bruants, des tarins, toute la gent commune des petits piou-pious des villes. C'est un balai complexe. L'un s'envole, l'autre se pose, ça se bouscule un peu. Et les juncos, chanceux, ramassent les miettes que la nuée jette au sol. Parfois, les cardinaux viennent ensuite, sans trop se mêler aux autres, et les jours des chance, j'aperçois même les geais bleus au plumage si magnifique (mais leur ramage ne se rapporte pas à leur plumage).

C'est devenu un rituel. Je ne descends pas travailler dans mon bureau tant que je n'ai pas vu les oiseaux venir se régaler à ma mangeoire, pour mon plus grand plaisir. Ils étaient bien une quarantaine ce matin.

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