Il parait que je vous dois un nouveau billet.
Dix jours que je n’ai pas posté. Dix jours de fatigue, de colère, de lassitude.
D’ordinaire, je suis relativement imperméable à la mesquinerie de mes congénères, mais trop d’événements font que… En venant dans le Nord, je me pensais quelque peu à l’abri de la bassesse humaine – quelque peu, car on sait que dès que l’on entre dans le commerce des hommes, on s’expose à la bassesse, à l’égoïsme, à la déception – mais j’ai eu plusieurs fois l’occasion de déchanter cette semaine et moi qui croyais avoir atteint une sorte de sérénité, le doute m’a envahie.
Si bien qu’en ce jour de fête (il paraît que je dois me réjouir d’avoir un âge que le christ n’aura jamais atteint), les seules paroles qui me viennent à l’esprit sont des vers de Baudelaire, qui comme toujours, bercent si bien mon mal-être :
Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Heureusement, lorsque j’ai sortie mon chiot ce matin, Siriniq m’a offert un beau spectacle de bleu et de rose sur les collines et la rivière, tandis que des oiseaux que je n’ai pas su reconnaître entonnaient un chant de fête à demi-murmuré – je m’étonnerai toujours de la discrétion des oiseaux d’ici, tant je suis habituée aux oiseaux des villes, qui doivent hurler pour se faire entendre.
Et parmi ceux qui sont venus susurrer ce discret chant d’amour se cachaient des humains, venus mettre un peu de baume sur mon cœur.
Je l’ai pris comme promesse que sur ce sol lavé comme une grève pousseront à nouveau de juteux fruits vermeils.
Merci pour vos gentils mots.
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