Émotions & Sentiments Fiction

Extrait de roman

J’ai entrepris un doux rêve auquel j’aspire depuis longtemps il y a un an et demi : écrire mon premier roman. Cette tâche entreprise me semble colossale, et je m’y attache telle une fourmi, en construisant cette fiction lorsque ma vie bien remplie me le permet… Je vous présente ci-dessous quelques extraits que j’aime particulièrement. Il n’est pas impossible qu’avec le temps, je sois amenée à les remanier. En attendant, les voici, « version brute » :

EXTRAIT 1 :

« Le vent. C’est tout ce que j’aspire à rencontrer, avant tout le reste. Me saouler, m’engouffrer, me laisser pénétrer, m’oublier, m’incliner, m’envoler… Je veux qu’il vienne me fouetter les joues, me fasse pleurer les yeux de son souffle chaud, chargé de poussière et de pollen… Je veux me laisser siffler dans les oreilles, celles qui ne veulent plus entendre la ville, me sécher cette bouche fatiguée de déblatérer des conneries fertiles. J’attends qu’il me pousse en avant ou me jette au sol, me décroche d’une falaise et me fracasse sur des rochers acérés comme les doigts du Diable. J’attends tout puisque je n’attends plus rien…

Je me poste là, sur une pierre, devant cette plaque d’acier sans fin que souligne cet horizon à rallonge. Je laisse mes sens entrer en action maintenant que me voilà arrivé « au bout ». J’ai les yeux qui se mirent dans le bleu profond de l’Atlantique, les oreilles qui se bercent des sons du vent mêlé aux vagues, la peau pressentant la douce griffure du sable… Le sel charge l’air en microparticules heureuses et volatiles comme un vol d’oiseaux tourbillonnant. Je me saoule de cette beauté impétueuse et mouvante, émouvante, qui semble pourtant plus ancrée dans le présent éternel qu’un vieil arbre centenaire.

C’est mélancolique, une plage. C’est à la fois sublime de simplicité, une beauté presque puérile, et en même temps ça foudroie un cœur qui se rappelle. Qui n’a pas vécu une réminiscence en voyant la mer ? Tu vois le tout, le ciel, l’eau, les pâtés de sables, les galets, les badauds, la balle qui roule, le chien qui court… Et tu revois ça encore et encore, et rien ne semble changer, sauf toi. Tu évolues et tu encaisses, tu vieillis et tu te rabougris, mais la plage, elle, reste indomptable et sereine, hautaine dans sa splendeur, voire rayonnante à certaines heures. »

EXTRAIT 2 :

« Pierre, roc, pluie, vent, chaleur, sable, mousse, ronce, gerbe d’eau… Je sais que l’océan est salutaire. Il décidera pour moi. A l’image de l’écran vide qui me fixait le soir où j’ai décidé d’arrêter de chercher mes larmes dans les répliques et les yeux des acteurs et des autres, il est le rivage vide est sombre, intact et anonyme, qui me renverra toujours à mon propre vide. Dans ce plat qui m’observe, ce miroir qui me renvoie à moi-même, je compte me retrouver. »

EXTRAIT 3 :

« Je regarde l’océan au loin. Il est bleu-gris. Il n’y a rien de paradisiaque ici. Tout est affuté et ravagé par les vents et le sel. La mélancolie des rivages éclate par temps assombri, et même en plein soleil. Pas de bleu turquoise. Juste un bleu froid et dur, comme une lame. Comme ce que je suis devenue, au fond. J’ai l’impression que je me vois en miroir. Ces paysages qui grondent, j’ai les mêmes à l’intérieur de mon être. »

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