
Depuis que je suis petite, dans mon monde idéal, il y a la forêt et l'eau.
Depuis que je suis petite, dans mon monde idéal, la ville est loin, très loin.
J'ai grandi à Paris. Et s'il y a bien une ville au monde, c'est celle-là, la ville-lumière. Et pourtant, je m'ennuie à peine de Paris (juste des gens que j'y apprécie).
J'ai passé tous mes étés (ou presque) au Canada. Chez mes grands-parents, qui habitaient en bordure de forêt (certes, ce n'était pas vraiment la grande et sauvage forêt, mais la forêt tout de même). Chez ma tante, à Barachois, au bord de l'océan, ou encore chez mon oncle, dans un petit chalet de bois à l'odeur délicieuse, sur les bords du lac Brompton. Et puis, il y a le fleuve, celui qui se mêle à la mer, au large du Bic, l'un de mes endroits préférés au monde.
Et toute mon enfance, ce sont ces paysages là qui ont nourri mon imaginaire...
Aujourd'hui, je vis en ville, presque forcée par le monde moderne. Je dis presque parce que j'aurais pu faire le choix de travailler à distance - d'où je veux donc, sauf qu'il me faudrait de toute façon une bonne connexion Internet (et que mon chéri exerce un métier qui nous condamne à la ville).
Et pourtant, la ville m'ennuie. Le métro m'ennuie. Passer mes journées devant un écran m'ennuie.
Je rentre chez moi le soir, épuisée. Pas physiquement, non, psychologiquement. Avec une grande impression de vide.
Alors je rêve de la forêt et de l'eau.
Je rêve d'une vie où je pourrais vivre.
Je rêve d'une vie impossible, où je pourrais satisfaire à la fois mon goût de la culture et mon attirance pour la nature.

Je vous avais promis un petit post explicatif...
D'abord une petite video. Je suis désolée pour la qualité, c'est pris avec un appareil photo, mais ça vous donnera au moins une idée de quoi je parle.
Les baleines de la vidéo, sauf erreur, sont des petits rorquals (ou baleines de Minke). Petit... entendons-nous, la bestiole fait quand même 8 à 10 m de long et pèse 6 à 8 tonnes!
Sur la video, vous devriez voir les mouettes piquer puis s'envoler juste avant la sortie du rorqual pour respirer. Ceci illustre une manière typique qu'à le rorqual de se nourrir. Car le rorqual ne se contente d'engloutir des tonnes d'eau et de krill bêtement, il chasse. Et pour chasser, il décrit des cercles afin de concentrer le krill: il ne lui reste plus qu'à happer le banc de krill ainsi créé.
Et comme ce jour-là, le krill était en surface, c'était une aubaine pour les mouettes! Elles n'avaient plus qu'à plonger sur le banc de krill concentrés pour se régaler, avant de s'envoler au moment où le mastodonte happe le krill puis sort de l'eau... Et de continuer de le suivre à la trace, pour profiter du prochain banc de krill... Comme un ballet bien chorégraphié.

Et oui, fidèle lecteur (remarquez le singulier), je suis de retour.
Et non, je ne suis devenue ni baleine, ni orque (oui, oui, moukmouk, ce sont des delphinidés, mais tout ça, c'est la grande et belle famille des cétacés)(dont je ne me lasse pas personnellement).
Normalement, je devrais donc vous faire un joli post ou même plusieurs pour vous (te?) dire comment les vacances étaient merveilleusement belles.
J'aurais pu, par exemple, parler de ma rencontre avec eux.
Et puis aussi du magnifique ballet que les mouettes et les baleines ont dansé sous mes yeux ébahis (désolée, pas de photos, les grandes dames prennent rarement la pause).
Car il ne faut pas croire, les grandes dames ne font pas que chanter la beauté du monde, elles la dansent aussi.
Mais j'ai dit « normalement », fidèle lecteur, et tu devineras donc que ça a peu de chances d'être le cas.
J'avoue être atteinte d'une maladie proprement estivale: le farniente.
Et comme au travail, ça ressemble à tout sauf à ça, j'en profite pendant mon temps libre...
Ps. Allez, je me donnerai peut-être la peine de vous expliquer la danse des mouettes et des baleines, parce que c'est vraiment joli.

L'histoire de l'évolution est étrange.
Dieu qu'il fallait que le premier poisson qui mit les nageoires hors de l'eau soit fou!
Et dieu qu'il fallait le premier mammifère qui eut l'idée d'y retourner soit sensé!
Lorsque j'ai fait de la natation, mon groupe de piscine s'appelait les "Orques I" - parce qu'il y avait les Orques II qui étaient moins bons, et les Dauphins I et II, qui étaient meilleurs (ou plus âgés, mon Alzheimer commence à me jouer des tours). C'était bien avant Sauver Willy, Flipper était alors au sommet de sa gloire, mais j'en ai gardé un attachement particulier au grand cétacé bicolore.
J'ai aujourd'hui deux épaulards Haida gravés sur la peau, témoignage de mon double attachement à l'eau et aux premières nations.
Je suis persuadée que, plus que les grands singes (ou même les petits), les cétacés sont nos véritables cousins.
Les antiques croyaient que les Atlantes, lors de la disparition de leur île, s'étaient transformés en dauphins... Quand on songe à l'organisation sociale et à la complexité des langages des cétacés, je ne suis pas loin d'adhérer à cette idée.
Ce n'est peut-être pas un hasard que les dauphins soient, comme les humains, parmi les seuls animaux à faire l'amour pour le plaisir.
Ce n'est peut-être pas un hasard non plus qu'il existe tant d'histoires d'amitiés entre les cétacés et les humains...
Peut-être enfin que l'une des raisons pour lesquelles on éprouve tant de difficultés à décrypter leur langage, c'est qu'on veut y voir un langage utilitaire. Alors que la principale fonction du langage des cétacés est peut-être, comme la nôtre, poétique.
Et s'il existaient des aèdes chez les Cétacés? Peut-être se racontent-ils les épopées des temps passés...
Demain, je file au Saguenay, et j'espère que les esprits me feront la grâce de me transformer pour vivre ce mystère de l'intérieur.

Un film des frères Coen, avec Frances McDormand, Brad Pitt, George Clooney et John Malkhovich, plus une photographie de Roger Deakins (Barton Fink), ça peut être que bon, non?

J'aimerais avoir les mots du poète pour dire le bonheur de l'été qui s'abat, lourd et enivrant, sur Montréal. Ce drôle de sentiment de réminiscences de mon enfance.
J'ai beau être dans la ville, le soleil me parle du verger chez mes grands-parents, du bois qui s'étendait derrière chez eux, des petites fraises. Du goût si unique des tartes aux bleuets de ma grand-mère. Il me parle aussi des longues après-midi à faire des singeries dans l'herbe avec ma sœur, à nager, à faire du canot ou à se prélasser dans le hamac. Et le soir, la pluie me parle des orages électriques sur le lac ou sur l'océan, du sentiment de délivrance qui les accompagne, de la beauté unique des éclairs.
Le temps me parle du bonheur des vacances au grand air...
Plus que deux semaines et je mets le cap sur le Saguenay. J'ai hâte!

Vous vous souvenez de la pub « Amora, par amour du goût? »
L'umeboshi est une sorte de prune-abricot japonaise que l'on prépare en saumure. Ce qui donne un résultat salé, sucré et... acide (suppai).
Absolument délicieux (oishii) :)

Hier soir, souper chez les Dodinous avec Moukmouk. L'occasion de passer une soirée très agréable en charmante compagnie, de faire la connaissance de gens très sympa, d'enfants presque très sages et de savourer un repas excellent qui fleure bon l'été.
L'occasion aussi de constater que la STM est vraiment en dessous de tout.
Dodinette habite le Plateau, pas vraiment proche d'une station de métro. J'habite Rosemont, assez loin d'une station de métro. Somme toute, il est possible de faire le trajet à pied, mais c'est la distance est quand même suffisamment importante pour que ça ne m'apparaisse pas comme le moyen de transport idéal. Bien sûr, j'ai d'office éliminé la voiture: à Montréal même je trouve ça ridicule, y a probablement pas de place où stationner sur le Plateau et je veux pouvoir boire tranquille.
La veille, je me rends donc rapidement sur le site de la STM, calcule tout aussi rapidement mon itinéraire au moyen de leur calculateur de trajet: environ 30 minutes si je pars du bureau. Je prends donc cette option en me disant qu'il vaut mieux lambiner que de rentrer chez moi à la course pour repartir directement.
Le soir même, comme prévu, je vais donc faire 2-3 boutiques avant de prendre le métro. Lorsque j'arrive sur le quai, il est 17h35. Nous avons rendez-vous à 18h00. Parfait, me dis-je, grande naïve que je suis, j'arriverais avec les 5 minutes de retard qui conviennent.
Arrivée à ma station, je me dirige donc joyeusement vers l'arrêt de bus. Et là j'attends. Et j'attends. Et j'attends. La file de gens qui attendent tout comme moi n'arrête pas de s'allonger. Au bout de 20 minutes de vaine attente, dépitée, j'ai fini par prendre un taxi (je ne suis d'ailleurs pas la seule).
Et par arriver avec une bonne vingtaine de minutes de retard...
Au retour, je ne me fatigue pas à faire un grand détour pour prendre le métro, ni à attendre un bus. Je décide de rentrer à pied (en plus, ça m'aidera à digérer). Si je croise un bus, je le prendrai. Normalement, il doit encore en passer à cette heure-ci donc tout espoir n'est pas perdu.
Eh bien, 45 minutes de marche plus tard, force m'est d'avouer que j'ai croisé un nombre mirobolant de bus dont la somme se solde à... 0.
Et après, on parle de lutter contre la pollution, de modifier les habitudes. On espère même que les gens vont arrêter d'utiliser leur voiture.
Certes le prix de l'essence commence à être dissuasif. Mais tant que les transports en commun offriront un service aussi pitoyable, j'émets quelques doutes.
Mes compatriotes ne sont pas vraiment des ascètes de la marche à pied.

Aujourd'hui, c'était la journée nationale de revendications des Autochtones.
Alors bien sûr, je pourrais vous parler du génocide non reconnu des Indiens d'Amérique (voir ici), du problème des pensionnats Indiens (voir ici), de la pauvreté, du chômage et du taux de suicide de nos Autochtones sur réserves (voir ici) ou encore de la volonté de certains d'être des citoyens à part entière et de cesser d'être pointés du doigt sous prétexte que les Indiens, c'est juste des alcooliques assistés sociaux qui payent pas d'impôts (voir ici).
Mais en fait, c'était aussi le jour de ma réunion trimestrielle. Ou j'apprends officiellement que nous avons perdu notre contrat avec le BdT parce qu'il n'était pas satisfait de nos traductions. Le jour même où ça parait dans la presse (non, c'est pas nous les responsables).
Et là, je ris jaune.
(m'enfin rassurez-vous, mon équipe se porte bien. Et la directrice de projet des inventeurs des ordinateurs personnels m'aime tellement qu'elle était en panique aujourd'hui quand elle a vu quelqu'un d'autre que moi poster une traduction... tout est rentré dans l'ordre quand je lui ai expliqué que je le formais au cas où je pourrais pas assurer une traduction pour une raison ou pour une autre)(pfiouh, trop la classe quand même)

Quelque part dans le monde merveilleux de Nanouk, il y a les... vacances.
Malheureusement, tous les matins, Nanouk doit se rendre à l'évidence: le monde merveilleux, c'est de la crotte, ça n'existe pas et il faut aller travailler.
Et malheureusement pour Nanouk, elle a récemment été promue au rang de responsable des traductions pour une grosse société informatique. Et c'est la seule de tout le bureau à travailler pour cette grosse grosse société. Et la grosse grosse grosse société est tombée sous le charme mystérieux de Nanouk. Si la grosse grosse grosse grosse société était un homme, peut-être qu'elle lui offrirait des fleurs ou des bijoux (ou peut-être même une magnifique Lotus), mais c'est juste une grosse grosse grosse grosse grosse société , donc elle se contente d'enterrer Nanouk sous des tonnes de demandes de traduction.
Alors la Nanouk, elle fait des grosses grosses grosses grosses grosses grosses journées, et quand elle rentre le soir chez elle, complètement épuisée, elle n'a plus vraiment envie de s'asseoir devant son ordinateur pour raconter sa vie à tous ses amis.
Non, elle préfère rêver de son monde merveilleux où il est question de... vacances.
La bonne nouvelle là dedans, c'est que dans un mois tout pile, son rêve deviendra réalité. Pour une semaine du moins.