
Le grand problème de la vie professionnelle au Canada, c'est l'absence de congés. La loi ne nous donne droit qu'à deux ou trois semaines de congés payés, c'est bien maigre. Ajoutez à cela, 8 jours fériés qui se battent en duel, ça frise l'indécence.
Et là dessus, il a fallu que je trouve le moyen d'être malade comme un chien un jour de fête du travail.
Je parie que demain, je me porterai comme un charme...

Ce matin, il m'est arrivé une scène digne d'une annonce pour parfum, déodorant et tout autre produit de beauté.
Alors que j'arrivais au travail tranquillement un café à la main comme tous les matins, j'ouvre la porte du sas de l'ascenseur situé tout en bas de mon bâtiment, pile au moment où la porte commence à se refermer.
Dans le dit ascenseur, il y avait déjà deux hommes dans la fleur de l'âge qui aussitôt se sont précipité pour maintenir la porte ouverte: l'un propulsant son bras en avant, l'autre, carrément son pied, dans un mouvement presque digne d'un film de taekwondo, pour me laisser passer et prendre place entre eux deux dans l'ascenseur.
Et là, je me suis sentie un peu comme Cindy C. et ses grands papiers blancs que tout le monde l'applaudit.
De quoi m'arracher un grand sourire et bien commencer cette journée qui va être difficile.


Toute ma vie, il me semble avoir lutté contre la loi du fort, du moins telle qu'elle s'applique dans nos sociétés.
Autant le struggle for life darwinien ne m'a jamais trop dérangée - parce qu'il est dans l'ordre des choses -, autant j'ai toujours trouvé injuste que des gens qui sont les plus forts en général juste parce qu'ils sont nés au bon endroit au bon moment se permettent d'écraser voire d'affamer les autres sans aucun sens moral ou presque.
Petite, on m'a dressée à coups de liberté, égalité, fraternité et autres les hommes sont libres et égaux en droit et je dois bien avouer que ces idées font partie de mes credos principaux. J'ai donc du mal à comprendre des phénomènes aussi répandus que le raciste ou l'ultra-libéralisme et j'ai souvent participé à des actions visant à défendre les droits des plus faibles. J'estime que l'humanité devrait être au-dessus de ça...
Mais voilà... Voilà qu'aujourd'hui, je me trouve, presque par hasard, dans la peau du plus fort. Je dis presque par hasard, parce que j'y suis quand même pour quelque chose.
Il se trouve que dans mon entreprise, tout n'est pas rose. Il se trouve aussi que mon équipe est, d'assez loin, celle qui récolte les meilleurs résultats: peu de clients mécontents et excellent rendement. Par ailleurs, depuis que je suis devenue la traductrice attitrée d'un certain client, ce client n'arrête pas de nous bombarder de travail, preuve qu'il est satisfait de moi. J'estime donc avoir ma part de mérite dans les bons résultats de mon équipe (de toute façon on n'est que quatre, difficile de nier de le mérite de chacun d'entre nous), même si par ailleurs, je n'ai pas le sentiment d'être exceptionnelle, juste de faire ma job correctement. J'en tire tout de même une certaine fierté: ça me flatte l'ego de savoir que je suis parmi les meilleurs.
Il se trouve aussi que depuis quelques semaines, il y a un nouveau dans l'équipe. Et soyons honnêtes, ce nouveau, malgré des efforts certains, n'est pas à la hauteur de ce qu'on attend de lui: non respect des consignes, lenteur épouvantable et parfois faible compréhension des textes qu'il traduit... Il va d'ailleurs certainement devoir prendre la porte avant la fin de sa période probatoire.
Et, quand je prends un peu de recul, j'avoue trouver horrible la façon dont je pense you are the weakest link, goodbye, avec tout le cynisme, l'arrogance voire le mépris qu'il peut y avoir dans ce genre de pensée, sans grande considération pour l'autre...
« La justice sans la force est impuissante: la force sans la justice est tyrannique » disait Pascal.
Et voilà qu'aujourd'hui je m'aperçois à quel point il est difficile de concilier les deux, même pour moi, qui d'habitude me vante de ma capacité à ne pas condamner gratuitement...
Dois-je en déduire que l'ego est finalement plus fort que les principes?
J'aurais honnêtement préféré que ce soit l'inverse.

Et oui, fidèle lecteur (remarquez le singulier), je suis de retour.
Et non, je ne suis devenue ni baleine, ni orque (oui, oui, moukmouk, ce sont des delphinidés, mais tout ça, c'est la grande et belle famille des cétacés)(dont je ne me lasse pas personnellement).
Normalement, je devrais donc vous faire un joli post ou même plusieurs pour vous (te?) dire comment les vacances étaient merveilleusement belles.
J'aurais pu, par exemple, parler de ma rencontre avec eux.
Et puis aussi du magnifique ballet que les mouettes et les baleines ont dansé sous mes yeux ébahis (désolée, pas de photos, les grandes dames prennent rarement la pause).
Car il ne faut pas croire, les grandes dames ne font pas que chanter la beauté du monde, elles la dansent aussi.
Mais j'ai dit « normalement », fidèle lecteur, et tu devineras donc que ça a peu de chances d'être le cas.
J'avoue être atteinte d'une maladie proprement estivale: le farniente.
Et comme au travail, ça ressemble à tout sauf à ça, j'en profite pendant mon temps libre...
Ps. Allez, je me donnerai peut-être la peine de vous expliquer la danse des mouettes et des baleines, parce que c'est vraiment joli.

Aujourd'hui, c'était la journée nationale de revendications des Autochtones.
Alors bien sûr, je pourrais vous parler du génocide non reconnu des Indiens d'Amérique (voir ici), du problème des pensionnats Indiens (voir ici), de la pauvreté, du chômage et du taux de suicide de nos Autochtones sur réserves (voir ici) ou encore de la volonté de certains d'être des citoyens à part entière et de cesser d'être pointés du doigt sous prétexte que les Indiens, c'est juste des alcooliques assistés sociaux qui payent pas d'impôts (voir ici).
Mais en fait, c'était aussi le jour de ma réunion trimestrielle. Ou j'apprends officiellement que nous avons perdu notre contrat avec le BdT parce qu'il n'était pas satisfait de nos traductions. Le jour même où ça parait dans la presse (non, c'est pas nous les responsables).
Et là, je ris jaune.
(m'enfin rassurez-vous, mon équipe se porte bien. Et la directrice de projet des inventeurs des ordinateurs personnels m'aime tellement qu'elle était en panique aujourd'hui quand elle a vu quelqu'un d'autre que moi poster une traduction... tout est rentré dans l'ordre quand je lui ai expliqué que je le formais au cas où je pourrais pas assurer une traduction pour une raison ou pour une autre)(pfiouh, trop la classe quand même)

Quelque part dans le monde merveilleux de Nanouk, il y a les... vacances.
Malheureusement, tous les matins, Nanouk doit se rendre à l'évidence: le monde merveilleux, c'est de la crotte, ça n'existe pas et il faut aller travailler.
Et malheureusement pour Nanouk, elle a récemment été promue au rang de responsable des traductions pour une grosse société informatique. Et c'est la seule de tout le bureau à travailler pour cette grosse grosse société. Et la grosse grosse grosse société est tombée sous le charme mystérieux de Nanouk. Si la grosse grosse grosse grosse société était un homme, peut-être qu'elle lui offrirait des fleurs ou des bijoux (ou peut-être même une magnifique Lotus), mais c'est juste une grosse grosse grosse grosse grosse société , donc elle se contente d'enterrer Nanouk sous des tonnes de demandes de traduction.
Alors la Nanouk, elle fait des grosses grosses grosses grosses grosses grosses journées, et quand elle rentre le soir chez elle, complètement épuisée, elle n'a plus vraiment envie de s'asseoir devant son ordinateur pour raconter sa vie à tous ses amis.
Non, elle préfère rêver de son monde merveilleux où il est question de... vacances.
La bonne nouvelle là dedans, c'est que dans un mois tout pile, son rêve deviendra réalité. Pour une semaine du moins.

En fouillant dans mes vieux fichiers de photos, je suis tombée sur cette ancienne photo...
Comme le poète, je serais tentée de dire «Ma mère que je l'aime en ce portrait ancien»...
Elle doit avoir environ 18 ans sur cette photo que l'on dirait tout droit sortie d'une vieille série de photos des années 20, bien que la photo date de 50 ans plus tard.
Je ne sais trop au juste pourquoi j'aime cette photo.
Sans doute, parce que c'est la photo où les origines autochtones de ma mère ressortent le plus clairement. La coiffure, la chemise et le petit collier ne sont d'ailleurs probablement pas tout à fait anodins. Bien que nous n'en parlions guère, peut-être a-t-elle éprouvé elle aussi la nostalgie de cette culture que nous n'avons pas connue, que nous ne pourrons jamais connaître.
Peut-être aussi pour l'étrange douceur et nostalgie qui se dégage de son regard.
En y repensant, je ne crois jamais avoir vu ma mère en colère. Je l'ai vu triste, malheureuse, déçue. Jamais vraiment en colère.
C'est étrange comme c'est quand on s'éloigne de ses parents qu'on a le sentiment de commencer à les connaître.

Bon allez, comme l'expo Cuba! ne m'a pas trop inspirée et que ma sœur me fournit l'occasion d'un post facile...
Jouez-vous d'un instrument de musique ?
Disons que je me suis mise à la guitare il y a quelque temps. Je suis capable de plaquer quelques accords, mais je n'appelle pas encore ça jouer. Revenez dans quelques mois ^^
Est-ce que vous vous habillez souvent de noir ?
Rarement. J'ai bien quelques vêtements noirs mais je ne m'habille jamais tout en noir. Je trouve ça trop sinistre. La vraie élégance, c'est de savoir marier le noir avec autre chose!
Avez-vous un piercing ?
J'ai les oreilles percées. Ça compte? Sinon, j'ai un magnifique tatouage dans le dos.
Prévoyez-vous de visiter une ferme dans les prochains 6 mois ?
Non. Je ne transporte pas d'armes à feu ni de matières vivantes non plus.
Avez-vous encore peur dans le noir ?
Quel noir? Ça fait longtemps que je n'ai pas connu le noir complet (merci les stores inexistants et les grandes villes toujours éclairées). Cela dit, le noir complet dans sa petite chambre, c'est bien moins épeurant que la pénombre nocturne dans la forêt, si vous voulez mon avis.
Avez-vous déjà pleuré devant un(e) employé(e) de votre bureau ?
Non. Je ne pleure pas, moi (pour vrai, je crois que je pleure vraiment très rarement en public).
Votre conjoint arrive du travail en rogne, vous faites quoi ?
Malheureusement, mon chéri, il habite très loin de moi, donc je ne peux pas répondre à cette question. Là aussi, revenez dans quelques mois :(
Que dites-vous aux Témoins de Jéhovah qui vous réveillent ?
Rien. Je ne prends même pas la peine d'ouvrir ma porte. Je vous rappelle que je suis une ourse, j'ai le caractère qui va avec.
Combien avez-vous de contacts en ligne présentement dans votre MSN ?
20.
Donneriez-vous un rein à un ami ?
Un vrai ami? Sans hésiter. A moins que j'aie déjà donné l'autre :P
Que pendriez-vous si vous avez 4 minutes dans un supermarché pour acheter ce que vous voulez ?
Des chips, des crottes au fromage ou du fromage en crottes, bref, un truc à grignoter.
Passeriez-vous une nuit avec un inconnu pour 1 million ?
J'ai déjà passé une nuit avec plusieurs inconnus. Ben ouais, une fois, j'ai pris le train couchette pour Venise...
(la question ne précise pas ce qu'on est censé faire avec l'inconnu en question ^^)
Quel est le nom de votre (ou dernier) chat ou chien ?
Thémis. Ce qui me permet des jeux de mots aussi fins que "Thémis, quoi t'as?" (voir ici par exemple pour ceux qui connaissent pas)
Avez-vous déjà vomi dans un taxi ?
Euh, ça risque pas trop d'arriver. Je prends rarement le taxi (ouais, y a plein de choses que je fais rarement, finalement).
Avez-vous déjà "callé" malade au travail pour rester chez vous ?
Jamais. Je suis presque trop sérieuse sur ce genre de choses.
Comment aimez-vous votre steak ?
Au soja? Pas mangé de vrai steak depuis... ouh la, je ne me souviens même plus!
Où étiez-vous le 11 Septembre ?
2001 je suppose? En Suisse. Je visitais un appart avec ma future colloc et collègue. On est arrivées tellement éreintées chez un gars qu'il nous a demandé, en voyant nos têtes, si c'était à cause de ce qui se passait. C'est là qu'on a vu les images.
Quel est le sport le plus dangereux que vous ayez fait ?
Hum. Probablement de la plongée sous-marine (penser à me trouver un club ici d'ailleurs)(plonger sous la glace, ça doit être trippant!).
Aimez-vous la neige ?
En décembre oui. En avril, j'avoue que j'ai mon voyage.
C'est tout?
Ça manque un peu de questions drôles ce questionnaire...
Et bien sûr, je ne taggue personne. Si y en parmi vous qui se sentent inspirés, qu'ils ne se gênent pas :)

Je suis sûre que, vu de l'extérieur, la traduction, ça semble un métier bien tranquille. Ben ouais, a priori, on ne craint pas les crash boursiers, les attentats terroristes, ni les ados boutonneux qui vous sautent à la figure pour un rien. Non, le traducteur, ça ressemble au mec qui se la coule douce devant son pc. Tiens, même que si j'étais traducteur au gouvernement, je ferais mes 1 500 mots par jour entrecoupés de 2-3 parties de démineur puis je repartirais chez nous dès que j'aurais fini, that's it, emballé, c'est pesé.
Sauf que dans la vraie de traducteur non-fonctionnaire, c'est pas vraiment comme ça.
D'abord, tu es soumis à des échéanciers, en général d'autant plus serrés que le client compte de traducteurs payés à se tourner les pouces.
Ensuite, tu es soumis à la dure loi des statistiques.
Bon voyons, voir, la Nanouk elle nous traduit dans les 300 mots à l'heure? Donc un texte de 1 200 mots, ça va lui prendre 4h (ouais, si tu as suivi et que tu es bon en maths, tu viens de comprendre que si je travaillais au gouvernement, je ne travaillerais qu'environ 5 heures par jour, tout en étant payée 20 % de plus, genre). Il est midi? Nanouk, je veux ça pour 16h! Euh oui, mais là c'est un texte de biochimie nucléaire...demande-moi de traduire du chinois, ça me semblera plus facile. Pas grave, la Nanouk se démerde (elle ment un peu aussi, parce que mes gestionnaires de projets, limite ils me donnent plus de dead line, ils savent que je finis toujours avant. Eh ouais, trop la classe).
Après, tu es soumis aux caprices du client. Et laisse-moi te dire que quand tu as un ostie de tabarnak de marchandiseur à la con qui te dit que tu as mal traduit parce que tu traduis "adjustable belt" par "ceinture réglable" au lieu de "ceinture ajustable", tu as envie de lui taper sur le crâne à grands coups de Grevisse, en espérant que quelques notions du français correct lui rentre dedans (le crâne, pas le Grevisse. Quoique...).
Enfin, il y a les journées, où, Dieu seul sait pourquoi, tout va mal. 50 projets qui vont tombent dessus en même temps, à rendre la veille bien entendu. Le projet de 15 000 mots qui se traîne. Et surtout THE merde qui tue sa race.
Allez, Nanouk, une petite relecture de 12 000 mots. Je te donne 4h?
Je sais pas si vous savez, mais relire 12 000 en 4h, c'est déjà un bon rythme (plus de 80 pages quand même!). Mais quand dès la première phrase, on se rend compte que le traducteur n'a pas respecté la terminologie du client, tout de suite on sait que les 4h, le gestionnaire de projet, il peut les oublier (pour rester poli).
D'ailleurs 4 h plus tard, la Nanouk n'était pas allée plus loin que le premier paragraphe, la boss ayant décidé (après être venu lui masser les épaules, eh, ouais, ma boss, elle est comme ça!) de faire retraiter le texte avant de le lui remettre entre les pattes.
Bref, le marathon à la vitesse du sprint est remis à demain.
En attendant, je me console. Je me suis acheté de la bière et des crottes au fromage.