humeur

Portrait de nanouk

Ich will kein Engel sein

L'une des choses qui me manquent de la Suisse, peut-être la seule, si l'un omet mes amis de là-bas, c'est le contact quotidien avec l'allemand. Et pourtant Dieu sait si c'est laid, le Switzerdutch, en comparaison de l'allemand pratiqué dans des pays civilisés comme l'Allemagne ou l'Autriche.

Alors, pour me consoler, et surtout les jours où j'ai besoin d'exprimer (intérieurement) un peu de colère au boulot, quand je suis débordée donc, je m'écoute du Rammstein en boucle.
J'aime bien ce groupe, d'abord parce que bien que ça soit du métal, ça reste écoutable, et puis, parce qu'un groupe qui rencontre un succès planétaire alors qu'il chante en allemand, c'est toujours sympathique... En plus, ils chantent de manière compréhensible. Que demande le peuple?


Portrait de nanouk

Sweet dreams...

Depuis que je suis petite, dans mon monde idéal, il y a la forêt et l'eau.
Depuis que je suis petite, dans mon monde idéal, la ville est loin, très loin.

J'ai grandi à Paris. Et s'il y a bien une ville au monde, c'est celle-là, la ville-lumière. Et pourtant, je m'ennuie à peine de Paris (juste des gens que j'y apprécie).
J'ai passé tous mes étés (ou presque) au Canada. Chez mes grands-parents, qui habitaient en bordure de forêt (certes, ce n'était pas vraiment la grande et sauvage forêt, mais la forêt tout de même). Chez ma tante, à Barachois, au bord de l'océan, ou encore chez mon oncle, dans un petit chalet de bois à l'odeur délicieuse, sur les bords du lac Brompton. Et puis, il y a le fleuve, celui qui se mêle à la mer, au large du Bic, l'un de mes endroits préférés au monde.
Et toute mon enfance, ce sont ces paysages là qui ont nourri mon imaginaire...

Aujourd'hui, je vis en ville, presque forcée par le monde moderne. Je dis presque parce que j'aurais pu faire le choix de travailler à distance - d'où je veux donc, sauf qu'il me faudrait de toute façon une bonne connexion Internet (et que mon chéri exerce un métier qui nous condamne à la ville).
Et pourtant, la ville m'ennuie. Le métro m'ennuie. Passer mes journées devant un écran m'ennuie.
Je rentre chez moi le soir, épuisée. Pas physiquement, non, psychologiquement. Avec une grande impression de vide.
Alors je rêve de la forêt et de l'eau.
Je rêve d'une vie où je pourrais vivre.
Je rêve d'une vie impossible, où je pourrais satisfaire à la fois mon goût de la culture et mon attirance pour la nature.

Portrait de nanouk

Je voudrais être une orque

L'histoire de l'évolution est étrange.
Dieu qu'il fallait que le premier poisson qui mit les nageoires hors de l'eau soit fou!
Et dieu qu'il fallait le premier mammifère qui eut l'idée d'y retourner soit sensé!

Lorsque j'ai fait de la natation, mon groupe de piscine s'appelait les "Orques I" - parce qu'il y avait les Orques II qui étaient moins bons, et les Dauphins I et II, qui étaient meilleurs (ou plus âgés, mon Alzheimer commence à me jouer des tours). C'était bien avant Sauver Willy, Flipper était alors au sommet de sa gloire, mais j'en ai gardé un attachement particulier au grand cétacé bicolore.
J'ai aujourd'hui deux épaulards Haida gravés sur la peau, témoignage de mon double attachement à l'eau et aux premières nations.

Je suis persuadée que, plus que les grands singes (ou même les petits), les cétacés sont nos véritables cousins.
Les antiques croyaient que les Atlantes, lors de la disparition de leur île, s'étaient transformés en dauphins... Quand on songe à l'organisation sociale et à la complexité des langages des cétacés, je ne suis pas loin d'adhérer à cette idée.
Ce n'est peut-être pas un hasard que les dauphins soient, comme les humains, parmi les seuls animaux à faire l'amour pour le plaisir.
Ce n'est peut-être pas un hasard non plus qu'il existe tant d'histoires d'amitiés entre les cétacés et les humains...
Peut-être enfin que l'une des raisons pour lesquelles on éprouve tant de difficultés à décrypter leur langage, c'est qu'on veut y voir un langage utilitaire. Alors que la principale fonction du langage des cétacés est peut-être, comme la nôtre, poétique.
Et s'il existaient des aèdes chez les Cétacés? Peut-être se racontent-ils les épopées des temps passés...

Demain, je file au Saguenay, et j'espère que les esprits me feront la grâce de me transformer pour vivre ce mystère de l'intérieur.

Portrait de nanouk

Taahhhhhh

Un film des frères Coen, avec Frances McDormand, Brad Pitt, George Clooney et John Malkhovich, plus une photographie de Roger Deakins (Barton Fink), ça peut être que bon, non?


Portrait de nanouk

Voilà l'été

J'aimerais avoir les mots du poète pour dire le bonheur de l'été qui s'abat, lourd et enivrant, sur Montréal. Ce drôle de sentiment de réminiscences de mon enfance.
J'ai beau être dans la ville, le soleil me parle du verger chez mes grands-parents, du bois qui s'étendait derrière chez eux, des petites fraises. Du goût si unique des tartes aux bleuets de ma grand-mère. Il me parle aussi des longues après-midi à faire des singeries dans l'herbe avec ma sœur, à nager, à faire du canot ou à se prélasser dans le hamac. Et le soir, la pluie me parle des orages électriques sur le lac ou sur l'océan, du sentiment de délivrance qui les accompagne, de la beauté unique des éclairs.
Le temps me parle du bonheur des vacances au grand air...

Plus que deux semaines et je mets le cap sur le Saguenay. J'ai hâte!

Portrait de nanouk

Marche ou crève (mais compte pas sur le bus)

Hier soir, souper chez les Dodinous avec Moukmouk. L'occasion de passer une soirée très agréable en charmante compagnie, de faire la connaissance de gens très sympa, d'enfants presque très sages et de savourer un repas excellent qui fleure bon l'été.

L'occasion aussi de constater que la STM est vraiment en dessous de tout.
Dodinette habite le Plateau, pas vraiment proche d'une station de métro. J'habite Rosemont, assez loin d'une station de métro. Somme toute, il est possible de faire le trajet à pied, mais c'est la distance est quand même suffisamment importante pour que ça ne m'apparaisse pas comme le moyen de transport idéal. Bien sûr, j'ai d'office éliminé la voiture: à Montréal même je trouve ça ridicule, y a probablement pas de place où stationner sur le Plateau et je veux pouvoir boire tranquille.

La veille, je me rends donc rapidement sur le site de la STM, calcule tout aussi rapidement mon itinéraire au moyen de leur calculateur de trajet: environ 30 minutes si je pars du bureau. Je prends donc cette option en me disant qu'il vaut mieux lambiner que de rentrer chez moi à la course pour repartir directement.
Le soir même, comme prévu, je vais donc faire 2-3 boutiques avant de prendre le métro. Lorsque j'arrive sur le quai, il est 17h35. Nous avons rendez-vous à 18h00. Parfait, me dis-je, grande naïve que je suis, j'arriverais avec les 5 minutes de retard qui conviennent.
Arrivée à ma station, je me dirige donc joyeusement vers l'arrêt de bus. Et là j'attends. Et j'attends. Et j'attends. La file de gens qui attendent tout comme moi n'arrête pas de s'allonger. Au bout de 20 minutes de vaine attente, dépitée, j'ai fini par prendre un taxi (je ne suis d'ailleurs pas la seule).
Et par arriver avec une bonne vingtaine de minutes de retard...

Au retour, je ne me fatigue pas à faire un grand détour pour prendre le métro, ni à attendre un bus. Je décide de rentrer à pied (en plus, ça m'aidera à digérer). Si je croise un bus, je le prendrai. Normalement, il doit encore en passer à cette heure-ci donc tout espoir n'est pas perdu.
Eh bien, 45 minutes de marche plus tard, force m'est d'avouer que j'ai croisé un nombre mirobolant de bus dont la somme se solde à... 0.

Et après, on parle de lutter contre la pollution, de modifier les habitudes. On espère même que les gens vont arrêter d'utiliser leur voiture.
Certes le prix de l'essence commence à être dissuasif. Mais tant que les transports en commun offriront un service aussi pitoyable, j'émets quelques doutes.
Mes compatriotes ne sont pas vraiment des ascètes de la marche à pied.

Portrait de nanouk

Les encombrants

Puisque c'est la journée internationale sans régime, parlons des encombrants.
Non, je ne vais pas vous parler de mon vieux frigo (quoique, si j'osais, je demanderais à mon propriétaire de faire un geste pour la planète, mais quelque chose me dit que je peux toujours espérer, j'ai quasi plus de chances d'apercevoir la vierge), mais plutôt de ces gens dont l'unique vocation semble être d'incarner, au sens propre du terme, la loi de Murphy (dite aussi loi de l'emmerdement maximal), les encombrants donc, qui comme leur nom l'indique, se débrouillent toujours pour encombrer le passage.

On rencontre des encombrants de toutes les espèces.
Pas besoin d'être vieux et volumineux pour être encombrant, même si ça aide.
Bien sûr, y a ma voisine, vieille, plutôt volumineuse et un peu boiteuse qu'il vaut mieux éviter de croiser dans l'escalier, parce que de toute façon, tu l'as dans l'os, tu peux pas la croiser, faut attendre sur le palier et la laisser passer. Et qu'elle met 50 plombes à monter. Ou à descendre. Et qu'elle te passe devant comme si, non, c'était pas grave de te laisser attendre comme une conne que madame finisse enfin sa petite ascension de l'Himalaya.
Évidemment, vous pourriez croire, pauvres naïfs que vous êtes, que c'est pas sa faute, elle est vieille, grosse et boiteuse, donc c'est normal qu'elle encombre, rapport au poids et à la capacité de déplacement, tout ça, tout ça. Sauf que l'encombrement ne s'arrête pas là. Parce que madame (qui ne travaille pas, vu son âge) décide généralement de faire son lavage dans l'unique laveuse de l'immeuble le soir ou la fin de semaine, puis de laisser trainer son linge quelques heures dans la machine, tant qu'on est. Car faudrait pas croire que les gens qui ne travaillent pas iraient faire leur lavage en journée. C'est bien mieux de le faire pile poil dans les rares moments où les autres, les besogneux, pourraient eux aussi profiter de la laveuse. Et pour ça, pas besoin d'être gros.

Pas besoin d'être volumineux non plus pour s'arrêter subitement dans le tourniquet du métro en se rendant compte que "ouh là là, j'ai oublié ma pass du mois", se mettre juste devant la porte pour descendre du bus alors que vous descendez dans 12 arrêts, prendre le chemin le plus pratique que voudraient bien prendre les gens plus pressés que vous et avancer comme un escargot, c'est à la portée de n'importe quel poids plume.
Dans notre société du je-ne-vois-pas-même-pas-que-tu-existes, toutes les tactiques sont bonnes pour empiéter allègrement sur la sphère intime de l'autre. Et je vous rassure, vraiment pas besoin d'être corpulent. Même les maigres y arrivent très bien. Généralement, un petit accessoire fait l'affaire : un sac à dos qu'on enlève surtout pas et qu'on se tourne à droite à gauche pour bien l'envoyer dans la face du voisin, le sac du gym du coin en bandoulière pour envoyer dans les côtes du voisin, ou des sacs de commissions à envoyer dans les genoux, ça vous encombre aussi bien que du gras superflu.
Je dirais même plus: avec un peu d'imagination, les accessoires sont superfétatoires (désolée, ça me démangeait comme formule). Il suffit de s'appuyer sur la barre du métro, de vous mettre bien juste devant quelqu'un dans l'ascenseur ou encore de laisser traîner vos pieds alors que vous êtes assis dans le bus bondé.

Certains - mais là, on arrive dans la catégorie supérieure - certains disaient-je, arrivent même à encombrer in absentia. Ainsi ma voisine (pas la grosse, une autre, dont la corpulence n'est nullement proportionnelle à sa capacité d'encombrement), ma voisine donc, arrive à m'encombrer nuit et jour, alors que je suis bien confortablement assise dans mon fauteuil.
D'où ce fait-ce? La technique est simple mais efficace: dès qu'elle se lève, elle allume la TV, pousse le son, et n'éteint que quand elle se couche (fut une époque où elle travaillait et où elle avait en gros les mêmes horaires que moi donc se couchait relativement tôt, j'arrivais encore à dormir, mais malheureusement, ce temps béni semble révolu). Ensuite, elle passe une partie de ses soirées au téléphone. Mais elle ne parle pas au téléphone, elle meugle. Idem quand elle reçoit du monde. Elle ne discute pas, elle gueule. À croire qu'elle ne connaît pas la communication pacifique. Et comme il n'y a pas que moi à encombrer, elle ajoute encore du piment: elle a tendance à ouvrir grand sa porte, à aller accueillir ses invités, ainsi qu'à les reconduire, tout en placotant sur le palier, enfin en hurlant plutôt, de longues minutes minutes avec eux.

À croire que pour les encombrants, le monde serait moins drôle si on ne profitait pas de toutes ces petites occasions que la vie nous offre de montrer à quel point on méprise son voisin...
Bref, puisque c'est la journée internationale pour décomplexer les gros (ou plutôt des gens qui croient devoir maigrir - ou grossir, tiens, ça marche aussi), je conclurais, pour parodier un célèbre chansonnier français:
Le poids ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con.

Portrait de nanouk

Farniente

Comme le monde me semble de plus en plus fou, et que le soleil printanier commence à peine à réchauffer mes os sans être encore parvenu à réchauffer mon cœur, je berce ma nostalgie en chansons...



(C'est une reprise d'Ottis Redding. Le jeune homme s'appelle Justin Nozuka, et j'aime beaucoup sa voix)

Portrait de nanouk

Ça a pas de bon sens...

Voilà le refrain qu'on pouvait entendre ce matin dans les rues étonnamment peuplées Montréal pour un dimanche matin...
La cause? Les 40 cm de neige tombés hier.

Ce matin, j'ai donc retrouvé ma voiture ensevelie sous la neige. Et quand je dis enselevie, c'est bien le mot. Il y avait de la neige jusqu'à mi-hauteur de portières, là où commence les vitres. Calvaire!
Déjà, il m'a bien fallu 10 mn pour dégager ma porte: évidemment, ma pelle était à l'intérieur du char... 1h30 de pelletage plus tard, le côté chaussée est encore enseveli, mais je donne un peu de répit à mon dos...
Et je bénis le ciel d'avoir acquis quelques techniques de pelletage lors de mes chantiers archéologiques, parce que la neige tassée ajoutée aux blocs de glace qui se sont créés depuis la dernière la dernière tempête (la ville n'ayant pas cru bon de déneiger entre 2 tempêtes, pourquoi faire? ça coûte de l'argent et ils annonçaient un redoux...), faut bien le dire, ça se pellete pas tout seul...

Maudite marde blanche.

Portrait de nanouk

Me too!

Powered by ScribeFire.

Syndiquer le contenu